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  • Pas si fou qu'il n'y paraît

    Si vous suivez l'actualité, vous avez peut-être constaté qu'une certaine versatilité économique se fait sentir depuis l'élection de Donald Trump : les marchés se trémoussent dans un sens et dans l'autre en fonction de ses élucubrations du moment. Dernièrement, j'ai fait un meeting à Rabat au Maroc où j'ai eu l'occasion d'en discuter avec mes collègues, et je peux vous garantir que les jugements étaient particulièrement contrastés concernant les dernières actions du personnage. Pour certains, le président américain agit de façon très maligne, alors que pour d'autres, c'est une véritable catastrophe ambulante. Pour ma part, j'aurais tendance à penser que Trump n'est pas si fou qu'il y paraît. Il suffit de suivre les derniers rebondissements en date pour découvrir ce qu'il en est du personnage. Ce qui apparaît en effet de plus en plus clairement, c'est que le futur président américain est loin d'être aussi déficient que ce que pas mal de gens ont pu concevoir. Il faut tout de même se rendre compte qu'il est parvenu à déjouer tous les médias qui l'annonçaient perdant et se déclaraient contre lui : il est donc à l'évidence plus perspicace que les personnes ayant cru en sa défaite ! Depuis son élection, bon nombre de gens persistent pourtant à croire que le candidat républicain est un doux dingue. Mais c'est à mon sens reproduire la même erreur que celle des élections. La posture qui est la sienne à l'égard de la Chine est par exemple symptomatique de son intelligence politique. Depuis sa victoire, il s'amuse à taquiner Pékin, entre agression verbale et gestes d'apaisement. Le milliardaire est clairement le franc-tireur de la scène internationale, et utilise sa réputation d'homme instable pour avoir les coudées franches dans ses manoeuvres. Il reste à espérer que les autres dirigeants cessent d'osciller au gré de ses annonces s'ils ne désirent pas devenir de simples outils à partir du 29 janvier prochain... Au passage, j'ai bien apprécié ce meeting à Rabat. Si la conversation y était excessivement enfiévrée, les animations ont heureusement vite réconcilié tout le monde. Tenez, je vous mets en lien l'agence qui nous l'a concocté, si vous désirez vous faire votre propre idée. ;) Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de ce séminaire au Maroc.

  • Procès inéquitables au Cameroun

    L’année dernière encore au Cameroun, des procès iniques, souvent entachés d’irrégularités, se sont tenus devant des tribunaux militaires. Le 10 avril, Ahmed Abba, correspondant de Radio France Internationale, a été condamné à 10 ans de prison après avoir été reconnu coupable de « complicité d’actes de terrorisme » et de « non-dénonciation d’actes de terrorisme » par le tribunal militaire de Yaoundé. Son procès a été marqué par de nombreuses irrégularités ; certains documents n’ont notamment pas été communiqués aux avocats de la défense. Ahmed Abba avait été arrêté à Maroua en juillet 2015 et torturé pendant ses trois mois de détention au secret dans des locaux de la Direction générale de la recherche extérieure. Le 21 décembre, la cour d’appel près le tribunal militaire de Yaoundé a ordonné que sa peine soit ramenée à 24 mois d’emprisonnement, qu’il avait déjà purgés. La cour a confirmé le chef de « nondénonciation d’actes de terrorisme ». Le procès en appel de Fomusoh Ivo Feh, arrêté en décembre 2014 et condamné à 10 ans d’emprisonnement pour avoir fait suivre un SMS sarcastique sur Boko Haram, n’avait toujours pas commencé à la fin de l’année. Programmée en décembre 2016, la première audience dans cette affaire a été reportée au moins sept fois. Le 30 octobre, les journalistes Rodrigue Tongué, Félix Ebolé Bola et Baba Wamé, qui avaient été accusés en octobre 2014 de « non-dénonciation » d’informations et de sources, ont été relaxés par le tribunal militaire de Yaoundé. Aboubakary Siddiki, dirigeant d’un parti d’opposition, et Abdoulaye Harissou, notaire bien connu maintenu en détention depuis août 2014, ont été jugés aux côtés des trois journalistes. Le tribunal militaire de Yaoundé a condamné Aboubakary Siddiki à 25 ans d’emprisonnement pour, entre autres, hostilité envers la patrie, activités révolutionnaires et outrage au président de la République. Abdoulaye Harissou a été condamné à trois ans d’emprisonnement et remis en liberté, ayant déjà purgé cette peine. Le procès a été entaché par des irrégularités. Durant leur première phase de détention, les deux hommes avaient été maintenus au secret pendant plus de 40 jours dans un centre illégal de la Direction générale de la recherche extérieure, et soumis à la torture.