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Procès inéquitables au Cameroun

L’année dernière encore au Cameroun, des procès iniques, souvent entachés d’irrégularités, se sont tenus devant des tribunaux militaires. Le 10 avril, Ahmed Abba, correspondant de Radio France Internationale, a été condamné à 10 ans de prison après avoir été reconnu coupable de « complicité d’actes de terrorisme » et de « non-dénonciation d’actes de terrorisme » par le tribunal militaire de Yaoundé. Son procès a été marqué par de nombreuses irrégularités ; certains documents n’ont notamment pas été communiqués aux avocats de la défense. Ahmed Abba avait été arrêté à Maroua en juillet 2015 et torturé pendant ses trois mois de détention au secret dans des locaux de la Direction générale de la recherche extérieure. Le 21 décembre, la cour d’appel près le tribunal militaire de Yaoundé a ordonné que sa peine soit ramenée à 24 mois d’emprisonnement, qu’il avait déjà purgés. La cour a confirmé le chef de « nondénonciation d’actes de terrorisme ». Le procès en appel de Fomusoh Ivo Feh, arrêté en décembre 2014 et condamné à 10 ans d’emprisonnement pour avoir fait suivre un SMS sarcastique sur Boko Haram, n’avait toujours pas commencé à la fin de l’année. Programmée en décembre 2016, la première audience dans cette affaire a été reportée au moins sept fois. Le 30 octobre, les journalistes Rodrigue Tongué, Félix Ebolé Bola et Baba Wamé, qui avaient été accusés en octobre 2014 de « non-dénonciation » d’informations et de sources, ont été relaxés par le tribunal militaire de Yaoundé. Aboubakary Siddiki, dirigeant d’un parti d’opposition, et Abdoulaye Harissou, notaire bien connu maintenu en détention depuis août 2014, ont été jugés aux côtés des trois journalistes. Le tribunal militaire de Yaoundé a condamné Aboubakary Siddiki à 25 ans d’emprisonnement pour, entre autres, hostilité envers la patrie, activités révolutionnaires et outrage au président de la République. Abdoulaye Harissou a été condamné à trois ans d’emprisonnement et remis en liberté, ayant déjà purgé cette peine. Le procès a été entaché par des irrégularités. Durant leur première phase de détention, les deux hommes avaient été maintenus au secret pendant plus de 40 jours dans un centre illégal de la Direction générale de la recherche extérieure, et soumis à la torture.

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