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Quand il fait une fausse bombe

Un homme de 44 ans originaire de Montrouge (Hauts-de-Seine) avait déposé une bombe factice en marge de la COP 21 en 2015. «J’avais très mal pris l’interdiction de manifester, c’est pour ça que j’ai posé une fausse bombe.» C’est ainsi que s’est justifié, un peu embarrassé, le militant de 44 ans originaire de Montrouge (Hauts-de-Seine) jugé ce vendredi au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour avoir confectionné une bombe en marge de la COP 21, en 2015. Celle-ci s’est avérée inoffensive et le prévenu, qui avait été confondu récemment par son ADN, a finalement écopé d’un stage de citoyenneté. Le 8 décembre 2015, lorsqu’un gendarme et son chien ont découvert un sac plastique près de la gare RER renfermant bonbonne de gaz, téléphone, produit inflammable et fil électrique, l’affaire avait été prise très au sérieux. C’était en pleine Conférence climat, où 40 000 personnes étaient attendues, et la menace terroriste était à son comble. «Vous pensez au mouvement de panique que vous auriez pu créer ?», demande la présidente. «Oui, c’est pour ça que je l’ai mis de nuit», rétorque le prévenu, cuisinier à Paris et militant syndical. Ses camarades sont nombreux dans la salle. «C’est un chouette type», souligne une femme. «Cette affaire tient plus du Larzac et de la chèvre que d’Action directe», insiste un autre, auprès des journalistes. «C’est un acte certes maladroit, mais le droit à la révolte est tout à fait légitime», plaide son avocat, Me Jean-Louis Chalanset. Mais pour la procureure, «les faits font froid dans le dos». «La France est sous le choc après les attentats, et c’est le moment qu’il choisit pour déposer ça ! Que se passait-il si quelqu’un jetait une cigarette dessus ? C’est ahurissant !» Elle a réclamé dix-huit mois de prison, avec un mandat de dépôt de quelques jours, le temps qu’un juge d’application des peines décide d’un éventuel placement sous bracelet électronique.

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