Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

A la lumière des cieux

  • Energies renouvelables : une programmation qui amène à soutenir fortement toutes les filières

    Pour répondre aux objectifs qu’elle s’est fixés, la France a programmé un mix énergétique diversifié. Ce choix est défendu par le ministre chargé de l’énergie au motif que, compte tenu du niveau d’ambition français, seule la mobilisation de l’ensemble des sources d’énergies renouvelables peut permettre d’atteindre les cibles fixées. La mobilisation de l’ensemble des filières renouvelables conduit ainsi à solliciter également les filières les moins matures et donc les plus coûteuses. D’autres pays ont eu des approches différentes pour bâtir leur programmation énergétique. Par défaut, certains ont été contraints d’établir une programmation fondée sur un nombre de filières réduit pour tenir compte du niveau de disponibilité de leurs ressources naturelles, notamment les pays scandinaves. De ce point de vue, la France dispose d’une situation privilégiée puisqu’elle possède sur son territoire une grande diversité de ressources renouvelables. D’autres pays ont bâti leur programmation à partir d’une enveloppe budgétaire limitative. C’est le cas du Royaume-Uni dont le volume global de soutien public aux EnR est limité par un plafond fixé par la loi. La perspective de dépasser ce plafond a conduit en 2015 le pays à réorienter sa politique de développement en la concentrant principalement sur l’éolien offshore pour lequel le pays dispose d’avantages naturels importants. La PPE réalisée en 2016, vise à traduire jusqu’en 2023 les objectifs fixés au travers d’une feuille de route précise, par sources d’énergies. S’agissant de la chaleur, les objectifs s’élèvent entre 17,2 Mtep (fourchette basse) et 19 Mtep (fourchette haute) d’ici 2023, soit une augmentation potentielle de 30 à 45 % de la production par rapport à la situation de 2014. Les efforts envisagés porteraient en proportion davantage sur le biogaz et la géothermie et en volume sur le bois-énergie. Pour le volet électricité, la PPE prévoit une production électrique renouvelable entre 170 et 216 TWh en 2023 contre environ 93 TWh en 2015. Cette progression serait alors imputable pour 50 % à l’éolien terrestre, pour 25 % au solaire photovoltaïque et pour 15 % à l’éolien en mer posé.

  • Pas si fou qu'il n'y paraît

    Si vous suivez l'actualité, vous avez peut-être constaté qu'une certaine versatilité économique se fait sentir depuis l'élection de Donald Trump : les marchés se trémoussent dans un sens et dans l'autre en fonction de ses élucubrations du moment. Dernièrement, j'ai fait un meeting à Rabat au Maroc où j'ai eu l'occasion d'en discuter avec mes collègues, et je peux vous garantir que les jugements étaient particulièrement contrastés concernant les dernières actions du personnage. Pour certains, le président américain agit de façon très maligne, alors que pour d'autres, c'est une véritable catastrophe ambulante. Pour ma part, j'aurais tendance à penser que Trump n'est pas si fou qu'il y paraît. Il suffit de suivre les derniers rebondissements en date pour découvrir ce qu'il en est du personnage. Ce qui apparaît en effet de plus en plus clairement, c'est que le futur président américain est loin d'être aussi déficient que ce que pas mal de gens ont pu concevoir. Il faut tout de même se rendre compte qu'il est parvenu à déjouer tous les médias qui l'annonçaient perdant et se déclaraient contre lui : il est donc à l'évidence plus perspicace que les personnes ayant cru en sa défaite ! Depuis son élection, bon nombre de gens persistent pourtant à croire que le candidat républicain est un doux dingue. Mais c'est à mon sens reproduire la même erreur que celle des élections. La posture qui est la sienne à l'égard de la Chine est par exemple symptomatique de son intelligence politique. Depuis sa victoire, il s'amuse à taquiner Pékin, entre agression verbale et gestes d'apaisement. Le milliardaire est clairement le franc-tireur de la scène internationale, et utilise sa réputation d'homme instable pour avoir les coudées franches dans ses manoeuvres. Il reste à espérer que les autres dirigeants cessent d'osciller au gré de ses annonces s'ils ne désirent pas devenir de simples outils à partir du 29 janvier prochain... Au passage, j'ai bien apprécié ce meeting à Rabat. Si la conversation y était excessivement enfiévrée, les animations ont heureusement vite réconcilié tout le monde. Tenez, je vous mets en lien l'agence qui nous l'a concocté, si vous désirez vous faire votre propre idée. ;) Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de ce séminaire au Maroc.

  • Procès inéquitables au Cameroun

    L’année dernière encore au Cameroun, des procès iniques, souvent entachés d’irrégularités, se sont tenus devant des tribunaux militaires. Le 10 avril, Ahmed Abba, correspondant de Radio France Internationale, a été condamné à 10 ans de prison après avoir été reconnu coupable de « complicité d’actes de terrorisme » et de « non-dénonciation d’actes de terrorisme » par le tribunal militaire de Yaoundé. Son procès a été marqué par de nombreuses irrégularités ; certains documents n’ont notamment pas été communiqués aux avocats de la défense. Ahmed Abba avait été arrêté à Maroua en juillet 2015 et torturé pendant ses trois mois de détention au secret dans des locaux de la Direction générale de la recherche extérieure. Le 21 décembre, la cour d’appel près le tribunal militaire de Yaoundé a ordonné que sa peine soit ramenée à 24 mois d’emprisonnement, qu’il avait déjà purgés. La cour a confirmé le chef de « nondénonciation d’actes de terrorisme ». Le procès en appel de Fomusoh Ivo Feh, arrêté en décembre 2014 et condamné à 10 ans d’emprisonnement pour avoir fait suivre un SMS sarcastique sur Boko Haram, n’avait toujours pas commencé à la fin de l’année. Programmée en décembre 2016, la première audience dans cette affaire a été reportée au moins sept fois. Le 30 octobre, les journalistes Rodrigue Tongué, Félix Ebolé Bola et Baba Wamé, qui avaient été accusés en octobre 2014 de « non-dénonciation » d’informations et de sources, ont été relaxés par le tribunal militaire de Yaoundé. Aboubakary Siddiki, dirigeant d’un parti d’opposition, et Abdoulaye Harissou, notaire bien connu maintenu en détention depuis août 2014, ont été jugés aux côtés des trois journalistes. Le tribunal militaire de Yaoundé a condamné Aboubakary Siddiki à 25 ans d’emprisonnement pour, entre autres, hostilité envers la patrie, activités révolutionnaires et outrage au président de la République. Abdoulaye Harissou a été condamné à trois ans d’emprisonnement et remis en liberté, ayant déjà purgé cette peine. Le procès a été entaché par des irrégularités. Durant leur première phase de détention, les deux hommes avaient été maintenus au secret pendant plus de 40 jours dans un centre illégal de la Direction générale de la recherche extérieure, et soumis à la torture.